Histoire et Secrets - découvrir l'histoire de France et du monde - La Mélancolie de la reine Louise et de sa fille
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 La première reine des Belges, Louise-Marie d'Orléans, n'a jamais été aimée par son époux, Léopold Ier. Celui-ci restera très attaché au souvenir de sa première épouse, la princesse Charlotte de Hanovre. Il l'avait épousé en 1816 et les deux époux s'étaient pris d'amour l'un pour l'autre. Le drame de Léopold, c'est la mort prématurée de Charlotte, le 6 novembre 1817, à l'âge de 21 ans, après un accouchement long et difficile qui se termine par la naissance d'un fils mort-né. Il faudra des années à Léopold pour accepter de se remarier, le devoir de donner un héritier à son nouveau royaume aidant à vaincre ses réticences. En 1832, il épouse la fille aînée de Louis-Philippe Ier, Louise-Marie d'Orléans, qui compte vingt-deux ans de moins que lui ! Malgré la naissance de trois fils et d'une fille, rien ne rapprochera jamais les deux époux et bien vite, Léopold prend une maîtresse et affiche sa relation extra-conjugale. Le souvenir de Charlotte est trop fort et la jeune Marie-Louise ne parvient pas à lutter contre un fantôme. L'échec de son couple, ainsi que  l'indifférence que Léopold manifeste envers elle, ont sans doute contribué à la mélancolie de la jeune reine des Belges (on parlerait aujourd'hui de dépression). Celle-ci avait eu un geste touchant en donnant à sa fille le prénom de la défunte épouse de Léopold : Charlotte.
 

Charlotte de Hanovre par Georges Dawe

Comme sa mère, Charlotte de Belgique, future impératrice du Mexique, restera toute sa vie  une princesse "mélancolique". Nul doute que la mort prématurée de sa mère  - alors qu'elle n'a que 10 ans-  puis l'échec de son propre mariage avec Maximilien de Habsbourg y sont pour beaucoup. Comme Louise-Marie, Charlotte de Belgique due lutter contre un fantôme dont Maximilien était amoureux. En effet, avant de rencontrer la princesse de Belgique, l'archiduc Maximilien était tombé sous le charme de Marie-Amélie de Bragance, princesse du Brésil, fille du défunt empereur du Brésil et roi du Portugal Pedro Ier et d'Amélie de Beauharnais. Marie-Amélie répondant favorablement aux sentiments amoureux de Maximilien, sa mère et son demi- frère, l'empereur Pedro II, conssentent à ce  que la jeune femme épouse Maximilien. Le frère aîné de ce dernier, l'empereur François-Joseph, accepte également  l'union de son cadet avec la princesse du Brésil. Hélas, Marie-Amélie décède de la tuberculose en 1853 à l'âge de 21 ans, avant l’officialisation des fiançailles. Après la mort de Marie-Amélie, Maximilien continuera d'écrire à Amélie de Beauharnais qui l'appelait "mon fils" dans ses lettres. Après son union avec Charlotte, Maximilien va jusqu' à demander à son épouse de correspondre avec la reine Amélie, ce que fera la princesse de Belgique, touchée par cette femme qui avait perdu son unique enfant. Satisfait de Charlotte, Maximilien ne comprendra jamais la douleur mentale qu'éprouvera sa femme en entretenant une correspondance avec celle qui aurait dû devenir la belle-mère de son époux. Bien vite, une distance s'installe entre Charlotte et Maximilien. La jeune femme comprend alors qu'elle ne doit sa place qu'à la mort prématurée de Marie-Amélie et qu'elle n'est là qu'en remplacement de la défunte....
 

Marie-Amélie de Bragance par Friedrich Dürck

La princesse Charlotte reproduit le modèle maternel, en étant sujette aux dépressions. Enfant, elle voit sa mère malade et malheureuse. Sa disparition l'affecte beaucoup et lorsqu'elle épouse Maximilien en 1857,  la jeune princesse de 17 ans cherche en lui l'amour, l'affection et la tendresse dont elle est privée depuis le décès de la reine Marie-Louise. Quand elle réalise qu'elle n'occupe pas la place d'honneur dans le coeur de son époux, Charlotte s'enfonce dans la dépression. Si celle-ci ne la tue pas, elle l'entraîne vers la folie qui ne s'éteindra qu'avec la mort de l'impératrice Charlotte, en 1927.


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